Arguments anti-IVG et contre-arguments

Analyse sous quatre angles

L'interruption volontaire de grossesse (IVG) suscite des débats intenses qui mobilisent des arguments scientifiques, psychologiques, sociologiques et humanistes. Cette analyse examine de manière exhaustive les positions antagonistes pour éclairer la complexité de ce sujet de société.

Angle scientifique

Arguments anti-IVG

Le statut de l'embryon et du fœtus

Les opposants à l'IVG soutiennent que la vie humaine commence dès la conception. L'Association Médicale Mondiale a créé en 1948 le Serment de Genève par lequel les médecins s'engagent à respecter "la vie humaine dès la conception". Pour les mouvements pro-vie, l'embryon possède dès la fécondation toutes les caractéristiques génétiques d'un être humain unique et constitue déjà une personne en devenir.[1][2]

Les défenseurs de cette position soulignent que le développement embryonnaire est un processus continu : le cœur commence à battre vers la 5e semaine, les premières connexions neuronales apparaissent vers la 7e semaine, et le système nerveux se développe progressivement. À partir de 26 semaines, les voies de la nociception sont fonctionnelles, suggérant que le fœtus pourrait réagir aux stimulations douloureuses.[3][4][5]

Risques médicaux pour la femme

Les opposants à l'IVG mettent en avant plusieurs risques sanitaires : l'avortement serait un facteur de risque de naissances prématurées pour les enfants suivants, comporterait un risque de stérilité après un avortement chirurgical, et présenterait de nombreux effets secondaires. Certaines études ont suggéré un lien avec le cancer du sein. Le taux de mortalité maternelle serait, selon eux, plus élevé dans les pays où la légalisation est peu restrictive.[1]

Contre-arguments

Le statut juridique et scientifique de l'embryon

En France, l'embryon n'a pas d'existence juridique propre. Seule la naissance confère un statut de personne. Le législateur français reconnaît que "l'être humain dès le commencement de sa vie" mérite respect (article 16 du Code civil), mais n'accorde pas à l'embryon la personnalité juridique. Le Conseil constitutionnel a validé cet équilibre entre le respect de l'être humain en devenir et la liberté de la femme.[6][7]

Sur le plan scientifique, la viabilité du fœtus n'est généralement atteinte qu'autour de 22-24 semaines de grossesse. Avant ce stade, le fœtus ne peut survivre en dehors de l'utérus, même avec des soins intensifs. Concernant la conscience fœtale, les recherches suggèrent qu'une forme primitive de conscience pourrait émerger vers la 24e semaine de gestation chez les grands prématurés, bien au-delà du délai légal français d'IVG (14 semaines).[8][9][10][3]

Quant à la douleur fœtale, le consensus scientifique établit que bien que les voies nociceptives soient fonctionnelles dès 26 semaines, la perception consciente de la douleur nécessite des structures cérébrales supérieures qui ne se développent que plus tardivement. Selon l'EFSA, des mécanismes existent pour inhiber la conscience du fœtus in utero.[11]

Le philosophe David Boonin propose le principe d'"avenir semblable au nôtre" : le fœtus n'acquiert un droit à la vie qu'à partir de la vingt-quatrième semaine, invalidant la prémisse anti-IVG pour les avortements pratiqués avant ce délai.[12]

Sécurité médicale de l'IVG

Lorsque l'IVG est pratiquée dans des conditions médicales sûres et légales, elle présente très peu de risques. Les complications immédiates sont rares : moins de 1% de risque d'hémorragie pour l'IVG médicamenteuse, perforation utérine exceptionnelle pour l'aspiration instrumentale. Le risque de décès est principalement dû aux mauvaises conditions de pratique de l'IVG clandestine, pas à l'intervention elle-même.[13][14][15]

En réalité, interdire l'IVG augmente considérablement les risques pour la santé des femmes. Les IVG clandestines constituent la troisième cause de mortalité maternelle dans le monde : 47 000 femmes meurent chaque année des suites d'avortements clandestins. À l'inverse, en Argentine, trois ans après la légalisation de l'avortement en 2020, le taux de mortalité maternelle a considérablement chuté.[16][17][18]

Une étude américaine récente a montré que le risque de suicide chez les femmes en âge de procréer augmente de 5,81% lorsque l'accès à l'IVG est restreint. Les pays autorisant l'avortement enregistrent le même nombre de recours que ceux l'interdisant (34 vs 37 pour 1000), mais avec un risque sanitaire infiniment moindre.[17][19][13]

Angle psychologique

Arguments anti-IVG

Le syndrome post-avortement

Les opposants à l'IVG invoquent fréquemment l'existence d'un "syndrome post-avortement" qui affecterait les femmes ayant interrompu une grossesse. Ce syndrome comprendrait des symptômes graves : dépression, anxiété, troubles de stress post-traumatique, pensées suicidaires, difficultés d'attachement avec les enfants futurs ou présents, troubles alimentaires et abus de substances.[20]

Certaines études citées par les militants anti-IVG, notamment celles de Coleman, suggèrent que les femmes ayant subi un avortement présenteraient un taux de troubles mentaux 30% à 81% plus élevé que les autres femmes. Ces travaux estiment que près de 10% des troubles mentaux survenant chez les femmes pourraient être directement attribués à l'avortement.[21][22]

Les défenseurs de cette position affirment que 92% des Français considèrent qu'un avortement laisse des traces psychologiques difficiles à vivre pour les femmes, et que la plupart des femmes regretteraient leur choix.[23][24][1]

Contre-arguments

Absence de reconnaissance scientifique du syndrome post-avortement

En 1989, la Société américaine de psychologie a affirmé qu'il n'existe aucun "syndrome post-avortement" scientifiquement ou médicalement reconnu. En 2008, deux équipes d'experts indépendantes (American Psychological Association et Université Johns Hopkins) sont arrivées à la même conclusion : les études les plus valables qualitativement réfutent la thèse selon laquelle l'avortement provoque des souffrances psychologiques.[25]

Les femmes qui ont avorté ne se distinguent pas, quant à leur bien-être psychologique, des femmes qui ont mené à terme une grossesse non planifiée. Le Collège royal des obstétriciens et gynécologues britannique constate que l'avortement n'augmente pas le risque de problèmes de santé mentale par rapport aux femmes portant une grossesse non désirée à terme.[26][25]

Une revue de littérature médicale de 2008 conclut que les études de meilleure qualité montrent systématiquement que l'avortement n'a que peu ou pas de conséquence sur la santé mentale, tandis que les études de mauvaise qualité étaient plus susceptibles de signaler des conséquences négatives.[26]

Instrumentalisation idéologique

Le concept de "syndrome post-avortement" a été créé par le mouvement pro-vie dans les années 1970-1980 comme stratégie politique pour dissuader les femmes d'avorter. Coleman, l'auteur le plus prolifique sur ce sujet, a vu ses études contestées à maintes reprises par la communauté scientifique en raison de biais méthodologiques majeurs.[13][21][20][26]

Ces études omettent systématiquement les facteurs confondants : les femmes ayant recours à l'IVG présentent souvent des facteurs de risque préexistants (antécédents de violence, précarité, problèmes de santé mentale antérieurs) qui expliquent mieux les difficultés psychologiques observées. Une étude danoise comparant 85 000 femmes ayant eu une IVG à 280 930 femmes ayant accouché a montré que si les femmes ayant eu une IVG présentent un risque statistiquement plus élevé de troubles psychiatriques, la même augmentation est évidente avant l'IVG, indiquant que ce n'est pas l'avortement qui cause ces troubles.[21][20][26]

Le vécu réel des femmes

Contrairement aux allégations anti-IVG, la recherche montre que la réaction émotionnelle la plus courante après l'avortement est le soulagement. Une étude américaine suivant 667 femmes pendant 5 ans après leur IVG révèle que 95% d'entre elles considèrent avoir pris la bonne décision. Les sentiments de regret après l'avortement sont rares.[27][28][29][30][31]

Les difficultés psychologiques, lorsqu'elles surviennent, sont souvent liées au contexte : discours moralisateurs et culpabilisants, manque de soutien, pression sociale, précarité, violences conjugales. Une étude de 2016 dans JAMA Psychiatry démontre qu'avorter n'augmente pas le risque de troubles psychologiques chez les femmes vivant une grossesse non désirée. En revanche, celles contraintes de poursuivre leur grossesse présentent des signes d'anxiété, de stress et de détresse psychologique.[32][27][20]

Angle sociologique

Arguments anti-IVG

Conséquences démographiques

Les opposants à l'IVG soulignent que la France connaît un "hiver démographique" avec une baisse de 17% des naissances. En 2024, 251 270 IVG ont été pratiquées, soit un ratio d'environ 1 IVG pour 3 naissances contre 1 pour 4 dans les années 1990. Ce phénomène menace, selon eux, le renouvellement de la population et fragilise la solidarité intergénérationnelle, base du système social français.[33][34][35]

Les militants pro-vie soutiennent que des alternatives existent à l'avortement, notamment l'adoption, qui permettrait à la fois de donner la vie à l'enfant et de satisfaire les couples infertiles. Ils prônent une politique familiale ambitieuse et des aides matérielles pour permettre aux femmes de mener leur grossesse à terme.[36][37][33]

Instrumentalisation et dérives

Certains opposants dénoncent une "banalisation" de l'IVG et craignent des dérives eugénistes, notamment avec la sélection sexuelle ou l'élimination systématique des fœtus porteurs de trisomie 21. Ils s'inquiètent également de la pression sociale qui pousserait certaines femmes à avorter contre leur volonté profonde.[38][39]

Contre-arguments

Inégalités sociales et territoriales

L'accès à l'IVG en France demeure fragile et inégal. Le Sénat a pointé en 2024 de fortes disparités territoriales : six régions présentent des zones éloignées de plus d'une heure de toute offre d'IVG. Les contraintes de transport sont particulièrement fortes pour les mineurs et les populations précaires, en zone rurale comme dans certains territoires d'outre-mer.[40][41][42]

Une corrélation nette existe entre niveau de vie et IVG : les 10% des femmes ayant les niveaux de vie les plus faibles ont un taux de recours à l'IVG supérieur de 11 points pour 1 000 à celui des 10% des plus aisées. Les départements et régions d'outre-mer, notamment Mayotte, sont particulièrement touchés. Les deux principaux facteurs de risque de recourir à l'avortement en cas de grossesse imprévue sont la pauvreté et la déscolarisation.[41][43][33]

Les femmes en situation de précarité ont moins recours à la contraception (6,5% des ouvrières sans contraception contre 1,6% des cadres), ont plus de grossesses à risque, et subissent une mortalité prématurée 3 fois supérieure aux cadres. Elles sont également davantage exposées aux violences (taux de violence psychologique, physique et sexuelle trois fois plus élevé chez les femmes ayant eu recours à un avortement).[44][20]

L'adoption n'est pas une alternative

L'argument de l'adoption comme alternative à l'avortement présente une confusion fondamentale : l'adoption est une solution à la parentalité non désirée, l'avortement est une solution à la grossesse non désirée. Pour une adoption, la femme doit subir 9 mois de grossesse, avec tous les changements corporels, risques sanitaires, et impacts émotionnels et professionnels associés. Les grossesses comportent toujours des risques, particulièrement pour les femmes en situation de précarité.[45][44]

De plus, l'adoption peut engendrer ses propres traumatismes : abandon pour la mère biologique, sentiment d'abandon pour l'enfant adopté, risques d'attachement pour l'enfant. Le différentiel entre parents titulaires d'un agrément et le nombre d'adoptions annuelles s'est fortement accentué, mais cela ne peut justifier de contraindre des femmes à mener à terme des grossesses non désirées.[46][45]

Impact économique et social positif de l'IVG légale

Interdire l'IVG coûte très cher à la société. Les complications induites par des avortements non sécurisés coûtent aux systèmes de santé des pays en développement 553 millions de dollars par an. Pour les ménages, les handicaps de longue durée suite à un avortement non sécurisé engendrent des coûts estimés à 922 millions de dollars.[47][48]

À l'inverse, permettre aux femmes d'accéder à l'IVG génère des bénéfices économiques substantiels. Aux États-Unis, dans les États où les femmes ont un accès non restreint à l'avortement, 505 000 femmes supplémentaires investissent le marché du travail, générant 3 milliards de dollars de revenus. Une étude américaine de 2015 démontre que le recours à l'avortement permet aux femmes de poursuivre leurs études supérieures et de consolider une trajectoire professionnelle.[48][47]

L'interdiction de l'IVG reproduit et amplifie les inégalités existantes. Une étude de la banque Citigroup estime que les opportunités manquées par les populations victimes de discrimination (majoritairement des femmes racisées) ont fait perdre 16 000 milliards de dollars au PIB américain sur 20 ans.[47][48]

Échec de la contraception et paradoxe français

Les accidents de contraception sont à l'origine de nombreuses IVG : 2/3 des femmes y ayant recours utilisent un moyen de contraception. La France est le premier consommateur de produits contraceptifs en Europe mais a aussi le taux d'IVG le plus élevé : c'est le "paradoxe contraceptif français". Les échecs les plus fréquents sont les oublis de pilule (42% une fois par mois), la rupture ou mauvaise utilisation du préservatif, et parfois des grossesses sous stérilet.[49][50]

L'efficacité pratique de la contraception est inférieure à l'efficacité théorique : la pilule a une efficacité pratique de 91% contre 99% en théorie. Ces chiffres démontrent que la maîtrise totale de la fertilité par la contraception est une illusion, rendant l'accès à l'IVG d'autant plus nécessaire.[51][52][49]

Angle humain et éthique

Arguments anti-IVG

Dignité de la vie humaine

Pour l'Église catholique et les mouvements pro-vie, l'avortement constitue un acte immoral contre la vie humaine qui doit être respectée "depuis le moment de la conception jusqu'à la mort naturelle". Le Concile Vatican II affirme que l'avortement est un "crime abominable". L'Église considère que l'avortement est un infanticide et que les personnes impliquées font l'objet d'une excommunication.[53][54][55]

Cette position s'inscrit dans une défense plus large des droits humains : le pape François présente l'opposition à l'IVG comme faisant partie de "la défense de tous les droits humains", en particulier les droits de l'enfant à naître. Les opposants à l'IVG estiment que le principe de dignité humaine, inscrit à l'article 16 du Code civil, devrait s'étendre à l'embryon dès la conception.[56][6][53]

Responsabilité et alternatives

Les mouvements pro-vie affirment que la société devrait davantage aider les femmes à éviter d'avoir recours à l'IVG. Ils soutiennent que l'avortement serait parfois utilisé comme "avortement de confort" et dénoncent une déresponsabilisation des femmes et des hommes face à la sexualité.[24][13][1]

Contre-arguments

Autonomie corporelle et droits fondamentaux

Le droit d'une femme de prendre des décisions autonomes concernant son propre corps et ses fonctions reproductives est au cœur de ses droits fondamentaux à l'égalité, à la vie privée et à l'intégrité physique. Les droits reproductifs, reconnus par de nombreuses conventions internationales, incluent le droit de décider librement et en toute connaissance de cause du nombre et de l'espacement des naissances.[57][58][59]

L'Organisation des Nations Unies et le Groupe de travail sur les femmes et les filles ont demandé que les femmes puissent interrompre leur grossesse sur demande au cours du premier trimestre, en tant que mesure d'égalité et de santé. Le droit à l'avortement est protégé dans le contexte du droit à la vie consacré par l'article 6 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques.[58]

La philosophe Judith Jarvis Thomson propose une analogie célèbre du violoniste : même si l'on reconnaît que le fœtus possède un droit à la vie, cela n'implique pas qu'il ait un droit à l'utilisation continue du corps de la femme contre son consentement. Le droit à la vie ne confère pas automatiquement le droit d'obtenir tout ce dont on a besoin pour vivre.[12]

Le contrôle du corps des femmes et le patriarcat

Comme l'explique la gynécologue américaine Colleen McNicholas, "vouloir décider à la place d'une femme si elle doit avoir des enfants, quand elle doit les avoir et combien elle doit en mettre au monde est une manifestation du patriarcat dans sa forme la plus absolue". Vouloir contrôler la fertilité d'une personne influe sur sa capacité à poursuivre des études, à mener une carrière et à aller aussi loin que possible dans sa vie.[47]

Le droit à l'IVG constitue un élément structurant de l'égalité entre les femmes et les hommes. C'est un progrès majeur de santé publique, permettant aux femmes d'accéder à l'IVG dans des conditions sécurisées et encadrées.[60][61][62]

Coercition reproductive et violences

La coercition reproductive existe dans les deux sens. Si certains redoutent les pressions à l'avortement, la réalité montre que de nombreuses femmes subissent des pressions pour ne pas avorter ou pour mener des grossesses non désirées. La coercition reproductive englobe le sabotage de contraception, les menaces, les violences physiques pour provoquer des fausses couches, ou à l'inverse l'empêchement d'accès à l'IVG.[63][64][65]

Cette coercition est fortement associée à la violence conjugale et constitue un grave problème de santé publique. Les femmes victimes de relations toxiques présentent davantage de risques de subir la coercition reproductive et une grossesse non désirée. Dans les pays où l'avortement est illégal, les femmes subissent également des avortements forcés dans des conditions dangereuses, ou sont contraintes de mener à terme des grossesses issues de viol.[66][63]

La réalité du "choix"

La notion de "choix" dans l'IVG est complexe. Les femmes qui avortent le font rarement de gaîté de cœur, mais dans un contexte contraint : précarité économique, absence de soutien, violence conjugale, jeune âge, incompatibilité avec les études ou le travail. Comme le souligne la CNAFC, la baisse du pouvoir d'achat des familles et le contexte de crise actuel diminuent la capacité à accueillir des enfants.[43][33][49][44]

En moyenne, les Français ont le sentiment qu'il leur manque 507 euros par mois pour vivre normalement. Dans ce contexte, interdire l'IVG ne résout aucun problème : cela ne fait qu'ajouter une contrainte supplémentaire aux femmes déjà en difficulté, avec des conséquences dramatiques sur leur santé, leur avenir et celui de leurs enfants existants ou à venir.[33][48][47]

La légalisation de l'IVG a réduit les grossesses adolescentes de 34% et fait chuter le taux de mortalité maternelle de 30% à 40%. C'est un facteur puissant de l'égalité hommes-femmes sur le plan économique comme social.[67][47]

Conclusion

L'analyse des arguments et contre-arguments concernant l'IVG révèle une tension fondamentale entre deux conceptions philosophiques : d'un côté, la protection de la vie potentielle de l'embryon/fœtus ; de l'autre, l'autonomie reproductive et la liberté des femmes.

Sur le plan scientifique, le consensus établit que le fœtus n'atteint la viabilité qu'après 22-24 semaines, bien au-delà du délai légal français (14 semaines), et que la conscience fœtale n'émerge que vers la 24e semaine. Les risques sanitaires de l'IVG légale et médicalisée sont minimes, tandis que l'interdiction entraîne des conséquences sanitaires dramatiques.

Psychologiquement, le "syndrome post-avortement" n'a aucune reconnaissance scientifique. La grande majorité des femmes (95%) ne regrettent pas leur décision, et la réaction émotionnelle la plus courante est le soulagement. Les difficultés psychologiques, quand elles existent, sont liées aux facteurs contextuels (précarité, violence, stigmatisation) plutôt qu'à l'acte lui-même.

Sociologiquement, l'accès à l'IVG est marqué par de profondes inégalités. Les femmes précaires, rurales et issues des minorités y ont plus recours mais y accèdent plus difficilement. L'interdiction de l'IVG n'en réduit pas le nombre mais multiplie les avortements clandestins dangereux, renforce les inégalités existantes et prive la société de bénéfices économiques substantiels.

Sur le plan humain, la tension entre le respect de la vie en devenir et l'autonomie des femmes a été arbitrée par le législateur français en faveur d'un équilibre : respect de l'être humain dès le commencement de sa vie, mais primauté de la liberté de la femme dans les premières semaines de grossesse. Cette position, désormais inscrite dans la Constitution française, reconnaît que le contrôle de leur fertilité est un droit fondamental des femmes, constitutif de leur égalité et de leur dignité.

Sources et références

  1. https://enmarchepourlavie.fr/se-former/pourquoi-sommes-nous-contre-lavortement/
  2. https://www.fondationlejeune.org/defense-vie-humaine/influence/revisionloibioethique/lembryon-est-il-un-etre-humain/
  3. https://www.guigoz.fr/evolution-taille-embryon-foetus
  4. https://www.academie-medecine.fr/douleur-ftale-consequences-immediates-et-a-long-terme/
  5. https://www.frcneurodon.org/la-formation-du-cerveau-in-utero/
  6. https://www.revuegeneraledudroit.eu/blog/2020/01/26/lembryon-et-le-foetus-entre-personne-et-chose-entre-science-et-droit-des-protections-dinterets/
  7. https://theconversation.com/statut-de-lembryon-et-du-foetus-en-france-comment-les-anti-ivg-et-les-anti-choix-brouillent-les-pistes-253057
  8. https://www.pourlascience.fr/sd/neurosciences/la-conscience-detectee-chez-le-bebe-11615.php
  9. https://naitreetgrandir.com/fr/nouvelles/2013/05/01/20130501-conscience-bebe/
  10. https://www.journaldesfemmes.fr/maman/guide-grossesse/2891309-foetus-ne-viable-et-vivant-que-dit-la-loi/
  11. https://www.fondation-droit-animal.org/94-un-foetus-peut-il-souffrir/
  12. https://www.slate.fr/story/215322/arguments-anti-ivg-ne-tiennent-pas-texas-droits-femmes-avortement-foetus-philosophie-science
  13. https://www.whatwhat.fr/contre-arguments-anti-avortement/
  14. https://ivg-contraception-sexualites.org/ivg-informations/ivg-medicamenteuse/
  15. https://ivg.gouv.fr/sites/ivg/files/2022-11/IVG%20Guide%20complet.pdf
  16. https://journal.ccas.fr/50-ans-de-la-loi-veil-un-anniversaire-pas-si-joyeux/
  17. https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2024/03/04/ivg-dans-le-monde-la-carte-des-pays-qui-autorisent-restreignent-ou-interdisent-l-avortement_6220040_4355770.html
  18. https://www.amnesty.org/fr/what-we-do/sexual-and-reproductive-rights/abortion-facts/
  19. https://focus2030.org/ou-en-est-le-droit-a-lavortement-dans-le-monde-en-2024/
  20. https://www.erudit.org/fr/revues/ref/2013-v19-n1-ref0782/1018042ar/
  21. http://www.avortementancic.net/IMG/pdf/traumatisme_post_ivg_etat_des_lieux_esterle_2013_1_.pdf
  22. https://www.psychanalysevideoblog.com/psychopathologie-de-lavortement/
  23. https://www.lefigaro.fr/actualite-france/ivg-nbsp-92-des-francais-considerent-qu-un-avortement-laisse-des-traces-psychologiques-20201007
  24. https://www.ifop.com/article/les-francais-et-linterruption-volontaire-de-grossesse-ivg
  25. https://fr.wikipedia.org/wiki/Syndrome_post-avortement
  26. https://fr.wikipedia.org/wiki/Impact_de_l'avortement_sur_la_sant%C3%A9_mentale
  27. https://ivg.gouv.fr/apres-ivg
  28. https://www.womenonweb.org/fr/piles-abortives-mifepristone-misoprostol/faqs/les-soins-apres-lavortement/a-t-on-besoin-dun-soutien-psychologique-apres-avoir-avorte/
  29. https://reivoc.fr/idees-recues-danger-avortement-ivg/
  30. https://www.revmed.ch/revue-medicale-suisse/2020/revue-medicale-suisse-692/avortement-apres-5-ans-95-des-femmes-ne-regrettent-pas-leur-decision
  31. https://www.madmoizelle.com/etude-avortement-regrets-1037359
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  33. http://www.afc-france.org/actualites/avortement-chiffres-2024/
  34. https://www.ined.fr/fr/actualites/presse/comment-evolue-le-recours-a-livg-en-france/
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  36. https://prolifeeurope.org/adoption-an-alternative-solution-to-abortion/
  37. https://lexpress.mu/s/article/ladoption-une-alternative-%C3%A0-lavortement
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  40. https://departements.fr/ivg-le-senat-pointe-un-acces-inegal-sur-lensemble-du-territoire/
  41. https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2024/02/28/acces-a-l-ivg-dans-la-pratique-des-obstacles-perdurent-en-france_6133817_4355772.html
  42. https://www.senat.fr/rap/r24-045/r24-045-syn.pdf
  43. https://www.la-croix.com/France/IVG-pourquoi-femmes-situation-precarite-recours-2020-09-25-1201115928
  44. https://adhsorbonne.com/2021/03/12/lacces-a-la-sante-des-femmes-en-situation-de-precarite/
  45. https://www.reddit.com/r/TwoXChromosomes/comments/11jzv8t/adoption_isnt_an_alternative_to_abortion/
  46. https://www.afc-france.org/wp-content/uploads/2020/10/Prevention_et_alternatives_a_lIVG.pdf
  47. [47] À compléter
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  67. [67] À compléter